Dix longues années…

Mais que s’est-il passé le 1er octobre 2005 sur la route de maképé – hôpital Général (Douala) ? Sandrine ne cesse de se poser la question malgré ces dix longues années qui se sont déjà écroulées. Cette jeune fille de 22 ans à l’époque se souvient encore de ce « cauchemar ».  Comment  pourrait-elle oublier ce jour où sa vie a basculé en une fraction de seconde ? Sandrine n’y croit pas, mais ne rêve pas non plus, c’est bien elle, « étalée » sur ce trottoir, elle hurle, les passants se sont arrêtés pour la secourir, elle est encore sous le choc. Mais au moment où elle reprend ses esprits, appuyée sur les passants elle essaye de se relever, malheureusement pour elle, Sandrine ne tiendra que sur son pied gauche.

Et si on faisait un flash-back pour revenir en arrière et mieux comprendre ce qui s’est passé ce jour? Sandrine  empruntait de temps en temps  le bensikin* et arrivait toujours à destination, mais hélas pour elle, qui était loin de s’y imaginer que ce 01er octobre 2005, le destin aurait décider autrement…Assise sur le côté passager du bensikin, elle a été projetée sur le côté gauche de la route, Sandrine n’a rien vu venir, elle sait juste qu’il y’a eu une collision entre un pick-up et ce bensikin.

Elle fût transportée à l’hôpital laquitinie où elle recevra les premiers soins entre douleurs physiques et mentales, sandrine a tout supporter. Après avoir fait une radio de son pied, le diagnostic était sans appel, elle a reçue une fracture du 1/3 du fémur et fût opérer quatre jours plus tard.

Pauvre Sandrine, elle était si anéantie, elle qui marchait, sautait et courait devait s’adapter à sa « nouvelle vie », les débuts furent très difficiles pour elle, entre apprendre à marcher avec les béquilles en sautillant, soulever son pied pour se coucher, s’asseoir pour se laver, c’était hyper dur pour elle, et pour sa famille. Ces journées étaient si fades. Ses yeux étaient tout le temps remplis de larmes, et son regard fuyant, impossible pour elle d’affronter le regard des autres. Elle ne le cache pas, elle voulait en finir avec la vie, oui cette vie qui ne lui avait fait aucun cadeau. Elle avait finit par croire qu’un sort s’acharnait contre elle. Vous l’ignorez sans doute, Sandrine a accumulé des échecs scolaires et a fait tant pleurer sa maman, pauvre maman elle qui s’est toujours sacrifiée pour ses enfants  et sa troisième fille ne voulait surtout pas lui infliger un « fardeau supplémentaire », c’était trop pour elle, de se voir dans cet état, et de vivre avec une « mobilité réduite ».

Toutes les pensées les plus mauvaises planaient autour de sa tête, à peine arrivée en terminale, la voilà victime d’un accident de circulation, c’était comme gravir une montagne et une fois arrivée au sommet, faire une chute …

Pas question pour elle, de reprendre le chemin de l’école, pas question d’affronter la réalité. Non et non, au plus profond d’elle c’est niet, ce sera une année de perdue. Sandrine a été certes victime d’un accident, mais n’est pas en position de force surtout aux côtés d’une maman adorable qui lui a dit: « les handicapés partent à l’école, ce n’est pas toi qui ne va pas y aller »…Une maman est sacrée et ces paroles ont permis à Sandrine de regagner le chemin de l’école, trois semaines après son accident.

Un seul jour d’école aurait suffit à Sandrine pour qu’elle craque, les questions interminables, les regards d’étonnements, les murmures, les commentaires déplacés. Oui, aussi bizarre que cela puisse paraître, des proches parlaient même de punition, de la colère de Dieu, d’autres ont même demandé à Sandrine d’arrêter  l’école car elle ne termine pas et la santé passait avant tout, hum….il faut vraiment avoir peur de l’Homme.

Aujourd’hui cela fait dix ans que Sandrine a été victime d’un accident de circulation, dix ans qu’elle ne cesse de pleurer et en parle souvent.  D’autres diront qu’elle en fait trop, mais elle reconnaît qu’avant, elle avait l’habitude de penser ainsi s’agissant du chanteur Corneille, et maintenant elle  confirme: « Et, vous feriez pareils, si seulement vous savez ». Le temps est certes passé, mais c’est son quotidien et les séquelles resteront à vie, une chose est sure, on n’oublie jamais rien, on vit avec.

Sandrine souffre toujours des douleurs atroces qui la conduisent à verser des larmes, des douleurs insupportables, interminables, des douleurs qui peuvent persister durant des semaines voire des mois. A l’heure à laquelle je rédigeais cet article, elle m’a fait comprendre que cela fait déjà plus de deux mois que la douleur persiste…  Les visites chez les orthopédistes, elle en a fait, des calmants elle en prend mais rien…

Sandrine n’a pas le choix, elle doit s’appuyer sur ce pied et «avancer », oui avancer et c’est ce qu’elle ne cesse de faire, et Comme paulo Coelho le disait : « la vie, peut nous mettre au tapis, mais c’est à nous de savoir, si on veut se relever ou pas ». Aujourd’hui Sandrine est si fière de son parcours, elle s’est relevé et a pu obtenir son baccalauréat pendant l’année de la tempête et sans compter toutes ses portes qui se sont ouvertes. Le Seigneur est juste merveilleux, il est bon, il est amour.

En regardant autour d’elle, Sandrine se rend compte qu’elle a beaucoup de chance, elle arrive à marcher, et, son physique n’enlève rien à sa féminité, au contraire (rires…) elle a enfin  pu guérir de ce « complexe ». Ce complexe qui l’a tant enfermer.

Si Sandrine a tenu à ce que cet article soit publié dans le blog de elsadiamond, c’est tout simplement parce que Sandrine et elsadiamond ne forment qu’une personne. Oui, j’ai juste voulu  fêter avec vous ses dix longues années, à ma façon. Merci à vous mes chers lecteurs, merci à tous ceux qui ont cru en moi.

*moto

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